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Mes 200 films préférés (10-1).

N’hésitez pas à lire les « précisions avant de commencer » présentes dans le premier article du top !

10. La Saga de La Panthère rose, de La Panthère Rose jusqu’à A la recherche de la Panthère Rose (Blake Edwards, 1963, 1964, 1975, 1976, 1978, 1982) :

"Oui mais, si on danse ?"

« Oui mais, si on danse ? »

Dans la besace de beaucoup de cinéphiles, il y a une œuvre ou une saga culte atypique. Un délire extrêmement personnel. J’ai trouvé le mien à l’adolescence. Il s’agit des films « La Panthère Rose », ceux avec Peter Sellers dans le rôle principal bien sûr, les remakes avec Steve Martin n’étant qu’une pâle copie (pour rester très poli) ne méritant qu’indifférence. Et oui, si le personnage animé de « La Panthère Rose » est aujourd’hui célèbre, rares sont ceux qui savent qu’il vient à la base du générique d’un film portant son nom, signé Blake Edwards, et sorti en 1963. Multipliant les facéties lors dudit générique sur le thème fameux d’Henry Mancini, le félin n’apparaît plus de tout le film (en prise de vue réelles), la « Panthère Rose » y désignant un diamant. On y suit les aventures de l’Inspecteur Clouseau, version gagesque et gafeuse des grands détectives à la Hercule Poirot. Celui-ci est incarné par le mythique Peter Sellers, plus que prodigieux. C’est le gag « tarte à la crème » élevé au rang de sublime. Des gens tombent dans des escaliers, et c’est fantastique. Sens du timing et de la surprise impeccable, patte d’un bijoutier du genre (Blake Edwards), comique de situation travaillé au cordeau et surtout le personnage de Clouseau, dont l’assurance permanente tout en morgue et en certitude, souligne au mieux toute cette drôlerie : voilà quelques un des ingrédients de la recette. Gageons également que pour le public nord-américain, le pastiche d’accent français de Peter Sellers a eu son pesant de charme. Le succès du premier opus fut tel qu’il y eut quatre suites avec Peter Sellers dont « L’Inspecteur s’emmêle », deuxième volet, à mes yeux le plus génial. Car si le premier opus ne faisait qu’introduire le personnage de Clouseau, dont le succès n’était pas prévu, « L’Inspecteur s’emmêle » se concentre pleinement sur lui, pour mon plus grand bonheur. Aussi, il introduit deux extraordinaires personnages récurrents : Cato, le valet de Clouseau avec lequel celui-ci s’entraîne à l’attaque surprise, et le Commissaire Dreyfus, progressivement rendu fou par les actions du détective. Mais ces quatre suites ne sont pas tout ! Il y eut aussi un film tourné après la mort de Peter Sellers utilisant des images d’archives, un autre avec un nouvel acteur, un film avec le fils de Clouseau joué par Roberto Begnini, et donc les films avec Steven Martin. Tout ceci est de moins mémorable mémoire mais montre bien à quel point tout ceci, bien qu’aujourd’hui méconnu, fut à l’époque un incroyable succès. Ah, et bien entendu, le personnage dessiné du générique a eu un tel succès qu’il a eu droit à un dessin-animé aujourd’hui plus célèbre que les films ! En ce qui me concerne, beaucoup de choses peuvent me faire rire mais pour me faire hurler de rire, il y a des chemins privilégiés comme l’absurde (comme par exemple celui des Monty Pythons), la bêtise sublime (comme par exemple celle dans la série « Kaamelott »), une tirade d’un personnage haut en couleur (je pense à celles d’Hervé dans la série « Dix pour cent ») et donc un gag impeccable comme ceux des films « La Panthère Rose ». C’est simple, en grande partie grâce à ces films, Peter Sellers est encore aujourd’hui mon acteur préféré toute époque et nationalité confondu. C’est vous dire mon amour pour les films de cette saga où il est présent. Bien sûr, une partie de moi se demande si tout cela aurait le même charme en revoyant les films maintenant, mais au fond qu’importe, ce qui compte c’est tout le bonheur qu’ils m’ont déjà procuré.

La scène : Dans « L’Inspecteur s’emmêle », le moment où Clouseau s’entraîne avec Cato à l’attaque surprise, qui me rendait plus qu’hilare à chaque fois que je la regardais.

 9. Old Boy (Park Chan-Wook, 2003) : 

"Toi, je vais te dévorer."

« Toi, je vais te dévorer. »

Un choc. Un coup de poing. Un uppercut. Un direct du droit dans le ventre. Une torsion des viscères. Voilà quelque peu « Old Boy ». En tant que spectateur, j’ai clairement un côté masochiste, je l’avoue. J’aime être malmené. Ce n’est pas pour rien que ma série favorite est l’immense, la prodigieuse série « Black Mirror » (saison 5 non incluse). Alors, certes, je n’aime pas avoir peur et sursauter, mais écarquiller les yeux, sentir mon corps se tordre de répulsion, ouvrir grand la bouche, me mordre les doigts, trembler de tout mon corps, grimacer, haleter, rester scotché, suer, être choqué dans le bon sens, avoir l’impression que mon cerveau a été grillé l’espace de quelques secondes, rester silencieux et hagard de longs instants après la fin d’un film, les yeux dans le vague, voilà parmi mes plus grands plaisirs de spectateurs. Il est incroyable que le cinéma, comme d’autres arts, puissent être attirant précisément pour des choses que l’on rejetterait dans la vie de tous les jours. Il y a quelque chose de fascinant dans cette capacité à provoquer un appétit pour le désagréable. A cet égard « Old Boy » est un sommet. Un modèle. Le film qui a provoqué chez moi les plus intenses de ces sensations. Je ne risque pas d’oublier mon état à la fin de ce film. Je me souviens parfaitement où je l’ai vu, et il me semble avoir comme une photo de la scène, alors que le générique se déroulait devant moi. Le film du génial Park Chan-Wook est un prodige. Rien ne prépare au tourbillon qui nous frappe en le regardant. L’histoire est démente, l’esthétique monumentale. Et surtout, il y a cette fin, cette fin qui vient nous hanter longtemps, très longtemps après. Tout le film est construit comme une lente montée, avec de gros pics d’adrénalines, jusqu’à cette conclusion. Pas à pas, la tension se construit comme un tableau terrible, par petites touches ou gros coups de pinceaux, et quand on regarde toute l’œuvre, il est déjà trop tard pour notre tranquillité mentale. Le cinéma coréen, maintenant sur le devant de la scène avec « Parasite » est, pour ceux qui ne connaissent pas, un monde à découvrir, mais en connaissance de cause. Rempli de chefs d’œuvres, c’est aussi la catharsis d’une société oppressante et codifié, avec tout ce que cela suppose de violence et de déchainement. Et le film de Park Chan-Wook, à cet égard, est une forme d’apogée. Porté par la prestation fabuleuse de ces interprètes et notamment Min-sik Choï, le personnage principal, habité, et Yoo Ji-tae, l’antagoniste incroyable, « Old Boy » est à découvrir l’estomac bien accroché. Un père de famille est enfermé pendant quinze ans puis libéré, sans explications. Et comme le dit la bande-annonce du remake américain (que je n’ai pas vu par crainte de déception et parce que je n’avais pas besoin de revoir quoi que ce soit à ce niveau) la vraie question n’est pas : pourquoi a-t-il été enfermé, mais pourquoi a-t-il été délivré ? Vous n’êtes pas prêts pour la réponse.

La scène : la fin, s’il est encore besoin de le répéter.

8. Apocalypse Now (Francis Ford Coppola, 1979) :

"On m'avait dit que c'était détente cette cure de bain de boue !"

« On m’avait dit que c’était détente cette cure de bain de boue ! »

Il y a dans ce film comme une impression de shot de cinéma pur. Tout y est démesure, et les conditions de tournage hors du commun (présenté notamment dans un documentaire qu’un jour il faudra que je regarde : « Au cœur des ténèbres : l’Apocalypse d’un metteur en scène ») ne font que rendre tout ceci encore plus mythique. Oui, tout est démesure : les plans, les scènes, la photographie, les décors, les interprétations de tout le casting. C’est une folie, presque au vrai sens du mot. Comme si, pour toucher au plus près la démence de la guerre, il avait fallu à Coppola quitter la raison dans la construction de sa création. Le résultat n’est ni une masterclass, ni un exemple, car le suivre c’est tout risquer. Personne ne souhaite vivre ce qu’a vécu Coppola, sauf à tenir un discours presque fanatique sur la souffrance comme seul vecteur d’art, une idée aux très nombreuses limites et contre-arguments. Non, il n’y a pas lieu de tirer des conclusions. Juste à regarder et ressentir, ce qui est déjà plus que suffisant. On regarde tout ceci et on se dit : « alors quelqu’un a réussi à faire ça ». « Apocalypse Now » provoque un émerveillement et une fascination cinéphilique comme peu d’œuvres. C’est l’histoire d’un capitaine (incroyable Martin Sheen) envoyé exécuter un colonel (insensé Marlon Brando) dont les méthodes sont jugées « malsaines » par les services secrets américains. « Apocalypse Now » est un voyage pour le spectateur, comme le film est une odyssée bien particulière pour ses personnages. Les monstres ne sont pas les cyclopes et les sirènes, mais les hommes et les armes. Traversée du Vietnam en guerre jusqu’au plus profond de la folie, c’est l’œuvre la plus puissante sur une guerre qui a pourtant longtemps fasciné le cinéma.  Le Vietnam est un des sommets de la mythologie artistique américaine, ou plutôt l’une des crevasses les plus profondes. Mais bien entendu, limiter « Apocalypse Now » à cet événement historique est réducteur. C’est donc un film sur la guerre, mais cela aussi est réducteur, car la guerre est presque un décor, traversé par l’équipe de fortune, elle est comme une toile de fond. Le vrai sujet, ce sont les ténèbres, comme le dit le titre du livre de Conrad qui a inspiré le film. Les ténèbres humaines, la noirceur du genre humain. Sans fard, ni jugement simpliste, juste une présentation pas vraiment diluée et malgré tout complexe, qui englobe tout sur son passage, tous les personnages. Quant au colonel, ce n’est qu’un miroir de l’horreur. Ah, et ce n’est pas un secret pour beaucoup, la bande-originale, des Doors à Wagner, est monumentale.

La scène : la tirade du colonel Kurtz, d’autant plus dingue que Brando, qui ne connaissait pas son texte en arrivant sur le tournage, improvise à moitié à partir de ce qui lui souffle Coppola.

7. La Trilogie du Seigneur des Anneaux : La Communauté de l’Anneau, Les Deux Tours et Le Retour du Roi (Peter Jackson, 2001, 2002, 2003) : 

"Je déteste jouer à cache-cache avec vous !"

« Je déteste jouer à cache-cache avec vous ! »

La question des adaptations littéraires au cinéma est un incontournable du monde du 7éme art. Pas un grand succès littéraire grand public ne vient sans au moins la question d’un projet de version audiovisuelle. Et l’héroïc-fantasy est bien sûr un modèle. Mais dès lors une interrogation vient, même si on gage que beaucoup de producteurs attirés par l’appât du gain n’ont pas daigné se la poser : comment faire une bonne adaptation ? Après tout, une œuvre existe déjà, et pour remplacer tous les imaginaires singuliers que se sont construits dans leur coin chaque lecteur par un seul (car soyons honnête, une fois que nous avons vu une adaptation, c’est son univers qui reste), il faut une bonne raison. Sur ce sujet, j’ai ma petite idée et c’est à la fois toute bête et bien entendu pas si simple. Il faut un réel parti pris artistique. Pas une adaptation gratuite, type mise en image des mots du livre (coucou l’adaptation de « Narnia »).  Il faut comprendre qu’on a pas choisi le cinéma pour rien et identifier ce qui dans le livre s’adapte le mieux à ce médium. Tout en ne mettant pas tout sur l’esthétique et en conservant la substantifique moelle, au risque de tout priver de sa saveur (coucou la première adaptation de « A la croisée des mondes »). Etre conscient que cela implique de faire des choix, bien sûr, qui ne manqueront pas de provoquer la tristesse des fans (c’est comme ça, un fan, c’est souvent chagrin). D’ailleurs ce n’est pas pour rien que les séries deviennent aujourd’hui des vecteurs plus privilégiés, tout simplement parce qu’elles permettent de prendre le temps. Et donc adapter. Adapter selon une vision d’artiste. On reconnaît très vite les adaptations où un vrai metteur en scène a pu mettre sa patte. Quitte à vraiment adapter, mais tant mieux ! Je préfère toujours une réelle prise de risque à quelque chose de désastreusement plat (coucou l’adaptation d’ « Eragon »). J’ai besoin de sentir un artiste derrière et pas juste une adaptation commerciale basique dont on a la gênante impression qu’elle est seulement là pour soutirer au geek, vaches à laits du cinéma moderne, quelques deniers (coucou l’adaptation d’ « Harry Potter ». Oui, je vais me faire frapper mais j’assume mon avis). Je peux avoir l’air prétentieux et théseux en expliquant tout cela, et je suis conscient qu’adapter n’est pas si facile. La question est beaucoup plus complexe. Combien de films que j’ai adorés ont été adapté de livres ? Beaucoup, et je me demande si je les aimerai autant si j’avais lu lesdits livres avant. Néanmoins, l’idée de se demander qu’est-ce que le cinéma, spécifiquement, va apporter à un récit et le faire avec un point de vue artistique fort, reste pour moi essentiel. Etsi j’explique tout cela, ce n’est pas parce que moi je le dis, c’est parce que Peter Jackson le montre. Il n’est pas seul bien sûr, mais c’est le plus bel exemple. Le néo-zélandais a compris ce qui dans « Le Seigneur des Anneaux » faisait sens au cinéma : l’épique. Et il l’a porté à un niveau que plus personne depuis, n’a atteint, et surtout pas ces crèves-cœurs que sont les adaptations du Hobbit, dont on a peine à croire qu’ils sont du même metteur en scène. La trilogie de Jackson est donc une démonstration sur l’épique au cinéma, c’est pourquoi je les regarde, c’est pourquoi je les adore. Et l’amour du style littéraire, il l’a laissé aux fans du bouquin, qui personnellement me tombe un peu des mains quand Tolkien commence à décrire ce qui s’est passé dans un ruisseau sur dix générations précédentes (caricature facile, bien sûr et j’ai en vérité un grand respect pour l’œuvre, ne serait-ce que pour son world-building). Par ailleurs, cette concentration sur le grandiose est un parti pris artistique fort. Elle amène en soi une réalisation à la puissance détonante, ni trop tape à l’œil, ni trop absente, focalisé sur la transmission la plus brute possible de sensations fortes. Voilà donc la plus grande réussite de cette œuvre : être une des adaptations qui fait le plus l’unanimité. Pour le reste, est-il vraiment besoin d’expliquer ce que j’aime dans ces films ? La même chose que la plupart des autres : presque tout, car presque tout est culte. A regarder en version longue (même si celle du premier et du deuxième ont de belles longueurs), car une telle œuvre de cinéma s’apprécie dans son entier.

La scène : Qu’on me pardonne de ne pas choisir « Vous ne passerez pas » même si comme de nombreuses personnes cette scène a eu sur ma jeunesse un effet incroyable, mais en l’honneur du fait que « Le Retour du Roi » est mon favori des trois, je vais choisir le discours d’Aragorn devant la Porte Noire.

6. Star Wars, Episode I : La Menace Fantôme, Episode II : L’Attaque des Clones, Episode III : La Revanche des Siths, Episode IV : Un Nouvel Espoir, Episode V : L’Empire Contre-attaque et Episode VI : Le Retour du Jedi (George Lucas, Irvin Kershner, Richard Marquand, par ordre chronologique de sortie des films, 1977, 1980, 1983, 1999, 2002, 2005) : 

"J'ai un mauvais pressentiment à propos de cette nouvelle trilogie !"

« J’ai un mauvais pressentiment à propos de cette nouvelle trilogie ! »

Etablir un classement entre « Star Wars » et « Le Seigneur des Anneaux », pour le joyeux geek que je suis, est une entreprise extrêmement difficile. Ce n’est pas comme choisir entre mon père et ma mère (n’exagérons rien), mais tout de même, c’est complexe. Il faut faire confiance à une sorte de sentiment instinctif sur ce qui résonne le plus à l’intérieur de son être de fan. A ce petit jeu, la Galaxie lointaine, très lointaine, dépasse d’une courte tête la Terre du Milieu. Bon, autant le dire tout de suite, la nouvelle trilogie n’est pas incluse. Si je pouvais défendre, et ait défendu, le nommé comme tel Episode VII et même le nommé comme tel Episode VIII, le désastre grotesque qu’est le nommé comme tel Episode IX, plus grand calvaire de spectateur devançant même l’ultime saison de Game of Thrones, m’a fait me rendre compte de ce que je ne voulais pas voir. A mes yeux, il n’y a rien là-dedans qu’une monumentale opération commerciale que quelques tentatives intéressantes ne rattrapent pas. Poubelle. Restons avec George Lucas. Prélogie incluse. Ah, voilà de nouveau un débat, et on ne manquera pas de me le reprocher. Tant pis, je persiste et signe, si je pourfends la nouvelle trilogie, je défends la prélogie, ne serait-ce que parce que c’est toujours l’auteur originel aux manettes. Et en reconnaissant bien volontiers les défauts de celle-ci, concentré par ailleurs principalement dans l’Episode II aux scènes d’amours il est vrai assez nanar. De toute façon, les fans hardcore de Star Wars sont les pires de tous, capable de jeter tout un film pour un seul personnage (j’aimais bien Jar Jar Binks moi, bordel) et les seuls à ma connaissance avec ceux de Matrix a rejeter la majeure partie des œuvres cinémas de l’univers qu’ils adorent (certains allant même jusqu’à critiquer « Le Retour du Jedi » à cause des ewoks), je ne peux que provoquer leur courroux. Allons-y gaiement donc. Si la prélogie est à mes yeux fascinante, ce n’est pas seulement pour le plaisir intense de type « pop-corn » qu’elle provoque, fan-services compris (Yoda qui tire son sabre, j’étais fou), c’est parce qu’à la fin, les méchants gagnent. Aussi, si on regarde tous les films signés Lucas à la suite, on se rend compte que tout ceci devient l’histoire de Dark Vador, sur un modèle en opposition avec le récit initiatique classique (le « Voyage du Héros » devenant « La Chute du Tyran »). Et c’est passionnant. D’ailleurs, de nombreux détracteurs de la prélogie défendent plus volontiers l’Episode III, apogée de cette logique, fascinant de par son côté sombre. On sait tous plus ou moins ce qu’il va s’y passer mais il n’empêche, c’est extraordinaire. Et, n’en déplaise à certains, l’Episode I et l’Episode II ont d’indéniables qualités, de scènes, de personnages, de musique et de world-building. Bon, bien entendu, il ne faut pas seulement parler de la prélogie et reconnaître, évidemment,  que le cœur de Star Wars réside dans les trois films originaux. Si l’épisode IV a malheureusement mal vieilli et si on y voit bien qu’à l’époque pas grand monde du casting n’y croyait à fond, il reste l’origine d’une telle mythologie qu’il ne peut que forcer le respect. Sur l’Episode V, tout a déjà été dit et il faut bien reconnaître qu’il est légendaire. Mais, c’est ainsi, mon petit préféré reste l’Episode VI conclusion génialissime de toute cette histoire (et ce n’est pas seulement parce qu’il y a l’Amiral Akbar).

La scène : « It’s a trap », Amiral Akbar forever.

5. OSS 117 : Le Caire Nid d’Espions et OSS 117 : Rio ne répond plus (Michel Hazanavicius, 2006 et 2009) : 

"Excusez la tenue, je sors de la douche !"

« Excusez la tenue, je sors de la douche ! »

Il y a toujours ce film. Ou ces films. Le délire maximal avec ses amis. Celui dont on a, ensemble, poncé jusqu’aux moindres détails. On aime se balancer des répliques célèbres, mais ces répliques là c’est encore le niveau au-dessus. On les intègre à notre vie, on les répète encore et encore. On connaît certaines scènes par cœur. Parfois, on les rejoue ensemble. Et, si c’est une comédie, on rigole encore et encore. Plus le délire s’accentue, plus on rigole en fait. Ce ou ces œuvres font partie(s) du décor de certaines de nos amitiés. Mais pas question d’être exclusif. Si on croise au hasard d’une discussion d’autres adeptes, quelqu’un qui fait un clin d’œil ou qui en comprend un, alors on est ravi et ça part sans faute en enchainement de punchlines. Ce n’est certainement pas un secret pour beaucoup de mes amis qu’en ce qui me concerne, il s’agit des deux volets de « OSS 117 ». Je ne compte plus le nombre de fois où j’ai balancé une de ses phrases ou refait carrément un moment entier que je connais, bien sûr, sur le bout des doigts. Les complices de ce délire se reconnaîtront aisément s’ils lisent ces lignes. Comment ne pas être autant attaché à quelque chose qui nous a procuré autant de bons moments entre amis ? Ce qui est d’autant plus extraordinaire, c’est que le premier visionnage du « Caire, nid d’espions » m’avait laissé une impression « sympathique » (pour reprendre le mot d’Hubert), mais sans plus. « Rio ne réponds plus », en revanche, fut un coup de cœur au premier regard, mais en même temps, je commençais déjà à délirer sur le premier volet. Evidemment, le débat se pose souvent : quel est le meilleur des deux opus ? Il y a l’école du Caire et celle de Rio, même si aucune d’entre elles ne crachent sur l’autre. On a sa préférence mais on respecte celle des autres. Moi, je fais partie de ceux, sans doute une majorité, qui refusent de choisir. Je suis autant attiré par la patte plus « absurde » du premier que par la patte plus « humour noir » du deuxième. Tout ceci étant dit, les qualités de « OSS 117 » vont bien au-delà du simple délire entre amis. Il y a bien le côté pastiche « camembert / baguette » de James Bond, mais c’est encore plus fort que cela. L’une des choses les plus jouissives des deux films à mes yeux est en effet ce défonçage en règle du complexe de supériorité français et de beaucoup de manies insupportables de notre peuple. C’est une entreprise d’autodérision formidable. Et c’est elle qui permet tout le reste. Le génie des auteurs de « OSS 117 » est là : avoir établi un bouffon qui peut tout se permettre leur permet d’aller extrêmement loin dans l’humour noir et le second degré. On peut profiter de la catharsis formidable de ce rire en bonne conscience, puisqu’on sait que le dindon de la farce à la fin c’est toujours Hubert. Hubert qui, bien sûr, ne peut être séparé de Jean Dujardin, dont la rencontre avec ce personnage fait partie d’une alchimie rare. Son talent comique est ici tel qu’on comprend parfaitement que certaines scènes aient été difficiles à tourner pour ses camarades, sérieux à garder oblige. Attention, néanmoins, qu’on n’accuse pas « OSS 117 » de simplisme. Les répliques sont un travail d’orfèvre et les situations touchent au sublime. Encore une illustration que oui, on peut rire de tout, mais pas n’importe comment. J’en ai été d’autant plus attristé de voir Hazanavicius professer que l’ambiance n’était plus à ce type d’humour (j’ai même écrit une tribune dans un site contributif de l’Obs pour m’en récrier). Au contraire, mon cher Michel, au contraire. Enfin, un troisième volet se fera sans lui, que j’attends avec circonspection, comme de juste, mais avec l’espoir pas vraiment secret qu’il viendra enrichir le délire.

La scène : le choix est incroyablement difficile, mais je le porte sur la scène de l’ambassade allemande dans « Rio ne répond plus », extrêmement représentatif du génie comique particulier de ces films.

4. La Trilogie Matrix : Matrix, Matrix Reloaded et Matrix Revolutions  (Larry devenu Lana Wachowski et Andy devenu Lilly Wachowski, 1999 pour le premier film et 2003 pour les deux autres) : 

Cuir.

Cuir.

A toutes sagas, il faut un sommet et voilà donc le mien. Et c’est peu dire qu’affirmer que mon amour pour celle-ci n’a pas été atteint d’une quelconque manière pendant mon plus récent visionnage. Au contraire. Là où certains iront vers « Le Seigneur des Anneaux », d’autres vers « Star Wars » et d’autres encore vers « Harry Potter » (on est riche de nos différences), mon choix est fait : ma saga grand public culture préférée, c’est « Matrix ». Et tous les Matrix, je le répète et je l’affirme, encore et encore. Car, si je peux comprendre certaines réserves concernant la prélogie de « Star Wars », les critiques à l’égard de « Reloaded » et « Revolutions » me donnent des envies de débats passionnés. Certes, je peux imaginer qu’une fois le choc du premier opus passé, pour certains la suite soit plus fade. L’effet de surprise est passé. Mais l’histoire de « Matrix » se conçoit tellement du début jusqu’à la fin des trois films, qu’il est inimaginable pour moi de les séparer. J’imagine aussi qu’on m’affirmera que « Reloaded » et « Revolutions » cèdent plus au grand spectacle. Peut-être, et alors ? C’est tellement bien fait que ça ne me dérange absolument pas. Il y a aussi la critique dite « on comprend rien, ça ne veut rien dire ». Bon, je ne m’engagerai pas sur le terrain de « ce n’est pas parce qu’on ne comprend pas que ça ne veut rien dire » (bon en fait vu que je l’ai dit, je m’engage un peu sur ce terrain, hi hi), mais simplement dire qu’il n’y a rien de si obscur dans les deuxième et troisième opus. Juste différents niveaux de lecture, ce qui est loin d’être un défaut pour une œuvre. De plus, le vertige y devient encore plus passionnant, comme par exemple à travers la conversation avec l’Architecte. Et même la différence de qualité ne tient pas. Même si « Matrix » est excellent, « Reloaded » et « Revolutions » amènent des personnages incroyables, des scènes fabuleuses, une musique dingue et une réalisation plus qu’à la hauteur. Cette défense de la trilogie passée, parlons de pourquoi cette saga est pour moi un sommet. C’est un sommet parce que, j’ai employé le mot plus haut, c’est un vertige. Narrativement, le choc de « Matrix » est un des plus grands de l’histoire des fictions, pas seulement du cinéma. Les Wachowski n’ont rien inventé, me dira-t-on, mais on n’invente jamais rien totalement. Et une telle symbiose d’inspirations, particulièrement spirituelles et littéraires au sens large, est magnifique. En rajoutant la touche personnelle des auteurs, on arrive à un tel séisme. La force dramaturgique du réveil de Néo est gigantesque. L’idée de la Matrice est un coup de génie. Rarement la découverte de quelque chose dans un film, dont les prémices sont distillées habilement tout au long du début du premier opus, a été aussi incroyable. C’est le point de départ, et tout derrière depuis les Agents jusqu’à Zion, vient de là et se rajoute comme autant d’idées extraordinaires pour colorer ce tableau. Il y en eut, pour moi, des rêves agités et fiévreux la nuit ayant suivi ce visionnage. Une fois un tel potentiel posé, encore fallait-il suivre derrière. On a déjà vu ce que j’en pensais. Reste à rendre hommage aussi à la rupture provoquée dans le cinéma d’action : si aujourd’hui, on a tous vu un peu partout des gens faire du « Matrix », il faut se représenter le coup de poing que cela a été à l’époque. Dans ce domaine-là comme tous les autres, il a été immense. Un quatrième volet est en préparation. Je ne peux pas m’empêcher de l’attendre avec un grand pessimisme. Il faut se rendre compte quand on a bien fini quelque chose.

La scène : Elle concerne bien sûr le meilleur personnage de la trilogie, l’Agent Smith, merveilleusement interprété par le génial Hugo Weaving : il s’agit de celle où il explique pourquoi selon lui l’humanité est « un virus ». Un discours terrible, mais qui n’en finit pas de résonner.

3. Big Fish (Tim Burton, 2003) : 

"Qu'est-ce qui te fait dire que j'aime les fleurs jaunes ?"

« Qu’est-ce qui te fait dire que j’aime les fleurs jaunes ? »

Voilà donc le podium, et il commence avec un gros poisson. Tim Burton a eu beau avoir une carrière assez erratique depuis lors, et m’avoir franchement déçu avec son « Alice », au fond ce n’est pas si grave et je lui pardonne, car il est l’homme qui a fait « Big Fish ». Il y a certains films, certaines œuvres en général d’ailleurs, qui semblent comme s’adresser directement à votre âme. « Big Fish » m’a procuré cette sensation. Il est impossible de décrire précisément, de manière juste, à quel point et comment cette histoire m’a autant touché. Mais je peux essayer de l’expliquer au moins en partie. Cela repose bien sûr sur cette histoire : un fils fatigué des récits abracadabrantesques permanent de son père, apprend à mieux le connaître à la fin de sa vie, découvrant en même temps que le spectateur son existence raconté sous forme de nombreux contes. Ici, je dois faire un pas de côté, et raconter à mon tour une histoire personnelle, où se trouvent aussi des géants. Lors d’un voyage familial en Irlande, nous nous rendons à un endroit célèbre nommé « La Chaussée des géants ». Mes parents, à l’aide d’un guide, nous explique deux versions de l’histoire. La première veut qu’un géant ait construit l’endroit en forme de pont pour aller se battre avec un autre, mais constatant, à cause de la perspective, que son ennemi était beaucoup plus grand que ce qu’il pensait, il détruisit la majeure partie du pont. La deuxième était une explication assez complexe sur de la géologie que bizarrement je n’ai pas retenu, mais où certains auraient pu trouver, pourquoi pas, une autre forme de magie (je le dis très sérieusement). En tout cas, mon frère, très jeune à l’époque, fit une réflexion, qui m’a beaucoup marqué. Il expliqua que, même s’il savait pertinemment que la vérité était du côté de la géologie, l’histoire des géants était plus amusante et c’est à celle-ci qu’il préférait croire. Il y a beaucoup de « Big Fish » dans cette manière de penser. Oui, les récits du père sont extravagants, mais ils sont beaux et rendent la vie plus belle. Et par ailleurs, comme le découvrira son fils, ils ne sont pas faits que de mensonges, seulement d’exagérations. Il sera temps alors, de reprendre le flambeau des histoires pour accompagner son père vers la mort, puis les transmettre aux nouvelles générations. C’est une histoire merveilleuse sur le merveilleux. C’est une fable sublime sur l’enchantement à trouver dans le quotidien. Un conte sur la force de l’imaginaire. Un vibrant plaidoyer pour l’émerveillement. Tout ceci à la fois et c’est ce qui le rend si beau. « Big Fish » nous dit : inventez des histoires partout et tout le temps, faites de votre vie un récit, rêvez éveillé, imaginez. Qu’importe que tout cela ne soit pas totalement vrai ou même pas vrai du tout, tant qu’au fond vous en avez conscience. Et puis, il parait que quand la légende est plus belle que la vérité, on imprime la légende. Le tout est, comme mon frère, de le faire en conscience et de savoir pourquoi on le fait. Parce que c’est plus amusant, parce que c’est plus beau. « Big Fish », l’affirme avec un sourire radieux aux lèvres. Voilà comment au mieux raconter comment cette splendeur m’a touché au plus profond de mon être.

La scène : celle où le père demande à son fils de terminer son histoire. Combien de larmes ai-je pu pleurer à ce moment je n’en sais rien, mais beaucoup.

2. The Dark Knight : Le Chevalier Noir (Christopher Nolan, 2008) : 

"Attendez votre crayon est bloqué, je vais l'enlever !"

« Attendez votre crayon est bloqué, je vais l’enlever ! »

Si le film suivant est mon film préféré, « The Dark Knight » est mon film culte. La différence, d’ordre assez instinctive, n’est pas aisée à expliquer, mais l’une des meilleures manières de le faire serait de dire qu’il y a dans le film culte quelque chose majoritairement lié au jouissif. C’est un plaisir pur et brut. Regarder « The Dark Knight » pour moi, c’est redevenir un adolescent, voire même un gosse. Je pourrai applaudir certaines scènes seul devant mon écran, sautiller comme un cabri tout excité face à d’autres, me prendre au jeu encore et encore alors que je sais pertinemment ce qui va se passer, rire d’un rire de contentement profond, dire un tas de répliques avant même qu’elles soient prononcées et ce sans aucune forme d’arrière-pensée ou de distance. Plaisir décérébré ? Certainement pas ! Je pourrai expliquer en long en large et en travers pourquoi, il s’agit, au-delà d’un film de super-héros, d’un film formidable. L’avant et l’après que marque ce film va chercher beaucoup plus loin que son seul genre. Au rang des raisons les plus notables : la passionnante variation sur le personnage du héros, pris dans sa confrontation avec son plus grand adversaire. Superbement crépusculaire, l’histoire de « The Dark Knight » n’est pas pour autant désespéré. Elle est simplement crue, et tente de parler du monde tel qu’il est plutôt que de le fantasmer. D’une force beaucoup plus importante que « Batman Begins » et moins ampoulé dans son discours que « The Dark Knight Rises » (les deux étant plaisant, mais à mes yeux bien moins notables et d’ailleurs absents du classement), « The Dark Knight » est une bombe. Après, il faut que je sois honnête. Certes, ce que je viens de dire, je le pense clairement : ce film est passionnant à analyser. Certes, la réalisation de Christopher Nolan est toujours aussi dingo. Certes, la musique d’Hans Zimmer et de James Newton Howard est ma préférée de tous les temps. Certes, tout le casting est impeccable. Mais la principale raison de mon amour pour ce film, c’est bien entendu la présence du plus grand méchant de l’histoire du cinéma, du personnage le plus génial qu’il m’ait été donné de voir sur un écran : le Joker de Heath Ledger. Depuis mon mémoire académique sur « Le personnage du méchant au cinéma » jusqu’à mon classement des plus grands méchants du 7éme art où il truste la première place, j’ai tout dit sur ce personnage. Cependant, force est d’avouer qu’il est le pilier de mon amour pour ce film. Il provoque les répliques et les scènes les plus mémorables. Il amène l’histoire à un immense niveau de délice. C’est un jeu d’acteur comme une déflagration. Une performance dont je ne peux me lasser. Et si on ajoute à cela qu’il y a de nombreuses parties improvisées dans tout cela… Dire qu’en allant voir le film pour la première fois (en VF, faute de VO à Marseille pour les films grands publics, à l’époque, le croyez-vous ? Bon, j’ai bien évidemment savouré la VO ensuite, rassurez-vous), le personnage du Joker m’attirait beaucoup, le traitement réaliste promis attirait mon attention, mais je n’étais que vaguement fan de Batman et n’avait pas vu beaucoup d’images du film. Oui, il y a eu un avant et un après. En sortant de la salle, je savais qu’un film venait de faire une entrée fracassante dans mon panthéon culturel.

La scène : « Why so serious ? ».

1. Le Voyage de Chihiro (Hayao Miyazaki, 2001) : 

Face à un autre monde qui reste à découvrir.

Face à un autre monde qui reste à découvrir.

Quand on annonce un classement culturel, la première place fait bien entendu l’objet du plus grand intérêt. On se demande ce qui fait que telle ou telle œuvre en vient à remporter la médaille d’or. Pourtant, en ce qui me concerne, il y a toujours eu dans cette première place une forme d’évidence. Il était même beaucoup plus facile de l’identifier que de réaliser le reste du classement. Vu la présence importante de nombreux films de Miyazaki, ce n’était pas un secret que « Le Voyage de Chihiro » allait finir par pointer son nez à un moment ou un autre. Il a fallu attendre la toute dernière marche. Alors, voilà, c’est donc ce film qui est mon film préféré tous genres confondus. Oui, et comme je le disais, il y a une forme d’évidence. Car aucun film n’a atteint le choc de spectateur qu’a été « Le Voyage de Chihiro ». Le choc le plus hors du commun que j’ai connu. D’ailleurs, sans exagération et avec tout l’amour profond que je porte aux autres films du classement, aucun ne s’en est réellement approché, si ce n’est « The Dark Knight » mais pour de toutes autres raisons. Oui, « Le Voyage de Chihiro » est ma merveille des merveilles. C’est peut-être même mon œuvre d’art préféré, s’il fallait prendre l’art dans son ensemble, voire mon œuvre préféré tout court en incluant la littérature. Car il n’y a pas une seule seconde de ce film, de la première jusqu’à la dernière, qui ne soit pour moi une splendeur. Il y a quelque chose d’incroyable dans le fait de sentir une admiration pareille. Tout est marqué d’une telle poésie, d’une telle beauté, d’une telle force, d’une telle inventivité, que lorsque que je le regarde, c’est comme si mon être entrait en symbiose avec ce film et quelque chose à ce point-là, je ne le retrouve dans aucun autre. Je m’arrête là pour ce niveau d’éloges, seulement de crainte de placer des attentes trop élevés dans l’esprit de ceux ne l’ayant pas encore vu (les chanceux, quelle découverte ils peuvent faire). On pouvait néanmoins se douter que pour un passionné comme moi, ledit éloge allait partir dans de telles hauteurs. Il y a bien sûr une part extrêmement personnelle dans tout cela. Ce n’est pas pour rien que « Le Voyage de Chihiro » est reconnu par une grande majorité comme l’un des plus grands chefs d’œuvres cinématographiques mais s’il se trouve à la première place de mon classement, il y a forcément quelque chose de l’ordre du rapport personnel à une œuvre (l’occasion de rappeler encore le côté subjectif de ce classement). On pourrait y voir mon rapport très particulier à Miyazaki, et c’est juste, mais même dans ceci « Le Voyage de Chihiro » en est le point de départ. C’est ce film qui, après la séance compliqué de « Princesse Mononoké » a lancé mon amour profond pour ce cinéaste, et pourtant, vu l’expérience précédente, j’y suis sans doute allé à reculons. Ainsi, pas d’effet « fan de Miyazaki », du moins pour le premier visionnage. Alors quoi ? Les thèmes, bien entendu, me touchent énormément. Le dessin est à mes yeux sublimes. L’imaginaire déployé me fait rêver de manière incroyable. L’histoire, variation d’ « Alice aux pays des merveilles » sans en être, est pour moi un fabuleux voyage. Et puis, il y a tout un tas de choses qui ne s’explique que peu, voire pas du tout et qui simplement se ressentent dans l’être de quelqu’un. C’est pour moi, au fond, une belle manière de terminer ce classement : dans toute expérience de spectateur il y a quelque chose qui appartient à chacun. J’espère avoir pu vous transmettre au mieux mon amour de tous ces films, mais il restera tout un ensemble de choses qui resteront personnelles. A vous de vous faire vos propres souvenirs en découvrant les films de ce classement que vous ne connaissez pas. A vous aussi, de vous replonger dans vos propres souvenirs et d’en goûter de nouveau toute la saveur. Vive la beauté du cinéma.

La scène : à film préféré, scène préféré et pour moi il s’agit donc de celle du train sur l’eau, merveille de simplicité poétique qui résonne de manière sublime après le foisonnement magnifique de tout ce qui s’est passé avant, apportant une note de calme rendant la symphonie encore plus belle, marquant mon imaginaire d’une fabuleuse image. Un cadeau, le plus beau de tous les merveilleux cadeaux que m’a offert le cinéma.

Voilà c’est la fin de ce voyage amoureux au sein de ma filmographie, j’espère qu’il vous a plu !

Les articles précédents : 

De la 200éme à la 176éme place.

De la 175éme à la 151éme place.

De la 150éme à la 126éme place. 

De la 125éme à la 101éme place. 

De la 100éme à la 76éme place. 

De la 75éme à la 51éme place. 

De la 50éme à la 26éme place.

De la 25éme à la 11éme place.

licontinovich

Passionné par le ciné, tout simplement.

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