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Les 5 premières minutes de Mission Impossible IV.

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« Votre mission si vous l’acceptez : faire preuve de la plus grande mauvaise foi du monde en un seul article »

Prêt à profiter d’une soirée télévision détendue du neurone, j’avais décidé en compagnie de quelques amis de regarder le dernier épisode de la série Mission Impossible. Le film avait tout du bon gros « revival » décomplexé de la guerre froide avec des gros russes méchants et des américains bien classes. Un plaisir coupable quoi. De la série Mission Impossible, je ne gardais qu’un souvenir : un moment assez « fun » passé devant le deuxième épisode de la saga où un gros méchant voulait répandre la Grippe A partout dans le monde. Ou presque. Las, la TV planta et après 5 minutes, le film s’arrêta. Pas grave, j’ai quand même décidé de faire une critique. Juger un film en entier à partir de 5 minutes me paraissait un splendide exercice de mauvaise foi bête et méchante.

Le déroulé des premières minutes de Mission  Impossible : « Protocole Fantôme » est assez notable. On commence par des plans aériens de Budapest sur une grosse musique d’ambiance, en mode « regardez comme c’est joli là où on a tourné ». « Pour le prix de la place de cinéma, une visite touristique ». On arrive ensuite à la première scène d’action. Au bout de dix secondes de film, parce que faut pas déconner, les plans touristiques ça va cinq minutes. Un mec de la série Lost (j’ai toujours pas réussi à deviner lequel mais mon pote était catégorique) court sur un toit, saute dans le vide en lançant un objet qui se déploie en coussin amortisseur et trouve le temps de se retourner pour -en plein milieu de sa chute- tuer les vilains à sa poursuite. Là, on se dit : wahou, le mec c’est James Bond, il est super fort, il va tout dézinguer. Hé ben non. 5 secondes plus tard, James Bond meurt comme une merde, flingué au coin de la rue par Léa Seydoux qui passait par là. Chienne de vie, monde de merde.

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En arrière plan, un mec juste là pour crever en trois secondes de film.

S’ensuit la première scène avec Tom Cruise parce que bon, faut pas déconner, les mecs de Lost, ça va cinq minutes. On l’aperçoit dans une cellule, où il semble faire rebondir une balle contre un mur. Sauf qu’en fait non, on apprendra une minute plus tard que c’était un caillou. Bon là, je n’ai pas trop compris, mais on va dire que c’est pour faire genre Tom Cruise il est trop balèze. C’est alors qu’intervient Simon Pegg, le flic délirant et génial d’Hot Fuzz, recruté semble-t-il dans un seul et unique but : faire le clown. En bon gros geek (dorénavant, il en faut toujours un dans une équipe d’agents secrets), il entreprend de pirater le système de la prison, ce qui s’avère aussi facile pour lui que commander une glace à la vanille, sans napage caramel. La fiabilité soviétique, c’est plus trop ce que c’était. Pendant que les détenus s’occupent à s’acharner sur un pauvre gardien qui prend vraiment trop cher, Tom Cruise essaye de rejoindre une jolie brune dans les souterrains. Bimbo ? Bingo ! Puis finalement Tom décide que, en fait non, il a plutôt envie de rebrousser chemin et d’aller chercher un de ses potes. Cela provoque un gros dialogue burlesque avec Pegg qui pète un câble mais n’arrête pas Cruise. Rien n’arrête Cruise, à part peut-être un meeting de la scientologie. Il  finit finalement par arriver à la cellule qu’il cherche à atteindre. La porte s’ouvre, en sort un gros Tchétchène qui regarde mal notre héros. Et se barre, sans rien dire ni faire. Gros effet comique.  Tom Cruise pénètre dans la cellule et commence un dialogue avec son pote russe pour lui dire de se barrer.

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Tom Cruise fait son regard de bad boy.

C’est à peu près à ce moment là que la TV a lâché. Pas vraiment de gros regret au final : le film n’avait pas l’air immanquable. On se trouvait face à un film d’action on ne peut plus classique. Les cinq premières minutes y sont en effet essentielles : on y pose l’ambiance, on introduit l’un des méchants (Léa Seydoux, qui passait par là), le cadre, les principaux personnages… Et surtout les rôles de chacun d’entre eux dans une division des tâches à faire pâlir d’envie Ford : pour Simon Pegg le rôle du clown, pour la fille celui de la demoiselle belle mais forte (c’est-à-dire avec des guns) -pour « faire sexy tout en se faisant pas emmerder par les féministes ». Et évidemment  à Tom Cruise le rôle du héros. En bref, inutile de chercher ici complexité ou originalité. Le but du film est d’exploiter des codes aisément reconnaissables et de simplifier au maximum la base du scénario. Nous sommes dans le pur divertissement avec action, comique, guns, russes, belle fille, Tom Cruise. Nothing more.

Quand à savoir si ce contrat du « fun » est au moins rempli dans le reste du film, impossible de répondre même avec toute la mauvaise foi du monde : les tentatives pour remettre la TV en marche furent en effet vaines. Ce qui est marrant, c’est que dans ces cas là on peut imaginer n’importe quoi pour la suite du film. Qui sait si Tom Cruise n’est pas devenu gay et si le mec qu’il vient chercher n’est pas son amant ? Nous ne le saurons jamais. Car après la troisième tentative de réanimation, nous avons préféré regarder « The Dark Knight Rises ». Dans une soirée entre potes étudiants, on allait pas mettre du Godard…

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Léa Seydoux fait sa promenade près du local poubelle.

licontinovich

Etudiant fanatique de ciné, tout simplement.

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