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Adieu et Merci, Mister Williams.

Le Cercle des Poètes Disparus

Pour moi, pendant longtemps, alors que je n’étais qu’un bambin, vous étiez avant tout « l’acteur de Flubber ». Ce film délirant était un pur plaisir d’enfance. Je me régalais à regarder et re-regarder vos exploits sur cette vieille VHS qui trône encore fièrement sur ma bibliothèque. Plus tard, comme toute ma génération, j’ai découvert Hook, évidemment. J’ai frémis, j’ai souris, j’ai rêvé en regardant votre Peter Pan vieillissant, ce héros imparfait que vous saviez si bien incarner.

Plus que l’ « acteur de Flubber », vous étiez devenu Robin Williams, un de mes acteurs préférés, et lorsque nous allions louer le traditionnel DVD du week-end, si je tombais sur un de vos films, je voulais absolument l’emprunter. C’est ainsi que j’ai visionné « Docteur Patch », en m’attendant à rire comme dans « Flubber ». C’était raté, j’étais sans doute bien trop jeune pour cette histoire de clown d’hôpital. C’est ainsi aussi que j’ai regardé « Jumanji », un autre excellent souvenir d’enfance. Ce n’est que plus tard que j’ai appris que vous étiez aussi la voix du génie d’ « Aladdin » (puisque comme tous les mômes, je regardais le film en VF), une autre raison de vous admirer.

Une fois adolescent et jeune adulte, j’ai découvert que derrière l’homme qui m’avait tant fait rire petit, il y avait un acteur de génie. Pour me le prouver il y eut d’abord « Insomnia », ce thriller angoissant et étouffant de Christopher Nolan. Vous étiez un méchant d’exception, glacial et menaçant. Je me suis rendu compte que contrairement à ce que beaucoup pensaient, vous étiez parfaitement capable de varier votre répertoire. Ensuite, ce fut « Good Will Hunting ». Vous jouiez ce que, sans doute, vous saviez faire de mieux : un personnage touchant et juste, un mentor sans médailles mais avec beaucoup de cœur.

Et puis bien sûr, il y eut le « Cercle des Poètes Disparus », ce choc, cette leçon de vie. La beauté de la liberté face aux codes. Le plaisir de vivre sa vie face aux conventions. Une histoire sur un adolescent qui veut faire du théâtre envers et contre tout, comment cela aurait-il pu ne pas me toucher ? Je suis sorti de ce film bouleversé et j’ai compris que oui, au cinéma, les beaux discours peuvent avoir du sens, si on sait les jouer avec finesse. Ce film est, sans aucun doute, votre plus bel héritage.

Après de nombreuses années sans avoir vu un de vos rôles, je suis tombé récemment sur le « Roi Pécheur », un film méconnu de Terry Gilliam. Vous étiez à nouveau excellent en clochard fou, traumatisé par le meurtre de sa femme. Ce personnage détruit mais toujours joyeux, complètement fêlé mais toujours amoureux de la vie résonne tristement aujourd’hui, malgré la fin heureuse du film de Gilliam. Vous n’avez pas eu droit à votre happy end. Trop de bouteilles et trop de larmes en ont décidé autrement.

Je ne vous verrais vraisemblablement pas dans la prochaine comédie des Monty Pythons, où vous deviez jouer. Ce projet réunissant beaucoup de mes idoles aurait été un bel hommage… Il ne me reste plus qu’à regarder « Good Morning Vietnam » et « Mrs Doubtfire », les deux classiques qui manquent encore à mon répertoire. Merci pour tout ce que vous nous avez apporté. Vous étiez un très grand. Reposez en paix oh capitaine, mon capitaine.

 

Le Cercle des Poètes Disparus

licontinovich

Etudiant fanatique de ciné, tout simplement.

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